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CHAPITRE IV - PRINCIPE VITAL
12.1.2011 von Cleide Ferreira.
1. Etres organiques et inorganiques. - 2. La vie et la mort. 3. Intelligence et instinct.
Etres organiques et inorganiques.
Les êtres organiques sont ceux qui ont en eux une source d’activité intime qui leur donne la vie ; ils naissent, croissent, se reproduisent par eux-mêmes et meurent ; ils sont pourvus d’organes spéciaux pour l’accomplissement des différents actes de la vie, et qui sont appropriés à leurs besoins pour leur conservation. Ils comprennent les hommes, les animaux et les plantes. Les êtres inorganiques sont tous ceux qui n’ont ni vitalité, ni mouvements propres, et ne sont formés que par l’agrégation de la matière ; tels sont les minéraux, l’eau, l’air, etc..
60. Est-ce la même force qui unit les éléments de la matière dans les corps organiques et dans les corps inorganiques ?
” Oui, la loi d’attraction est la même pour tous. “¨
61. Y a-t-il une différence entre la matière des corps organiques et celle des corps inorganiques ?
” C’est toujours la même matière, mais dans les corps organiques elle est animalisée. ”
62. Quelle est la cause de l’animalisation de la matière ?
” Son union avec le principe vital. “
63. Le principe vital réside-t-il dans un agent particulier, ou n’est-il qu’une propriété de la matière organisée ; en un mot, est-ce un effet ou une cause ?
” C’est l’un et l’autre. La vie est un effet produit par l’action d’un agent sur la matière ; cet agent, sans la matière, n’est pas la vie, de même que la matière ne peut vivre sans cet agent. Il donne la vie à tous les êtres qui l’absorbent et se l’assimilent. ”
64. Nous avons vu que l’esprit et la matière sont deux éléments constitutifs de l’univers, le principe vital en forme-t-il un troisième ?
” C’est sans doute un des éléments nécessaires à la constitution de l’univers, mais il a lui-même sa source dans la matière universelle modifiée ; c’est un élément pour vous, comme l’oxygène et l’hydrogène qui pourtant ne sont pas des éléments primitifs, car tout cela part d’un même principe. ”
- Il semble résulter de là que la vitalité n’a pas son principe dans un agent primitif distinct, mais dans une propriété spéciale de la matière universelle, due à certaines modifications.
” C’est la conséquence de ce que nous avons dit. ”
65. Le principe vital réside-t-il dans un des corps que nous connaissons ?
” Il a sa source dans le fluide universel ; c’est ce que vous appelez fluide magnétique ou fluide électrique animalisé. Il est l’intermédiaire, le lien entre l’esprit et la matière. ”
66. Le principe vital est-il le même pour tous les êtres organiques ?
” Oui, modifié selon les espèces. C’est ce qui leur donne le mouvement et l’activité, et les distingue de la matière inerte ; car le mouvement de la matière n’est pas la vie ; elle reçoit ce mouvement, elle ne le donne pas. ”
67. La vitalité est-elle un attribut permanent de l’agent vital, ou bien cette vitalité ne se développe-t-elle que par le jeu des organes ?
” Elle ne se développe qu’avec le corps. N’avons-nous pas dit que cet agent sans la matière n’est pas la vie ? Il faut l’union des deux choses pour produire la vie. ”
- Peut-on dire que la vitalité est à l’état latent, lorsque l’agent vital n’est pas uni au corps ?
” Oui, c’est cela. ”
L’ensemble des organes constitue une sorte de mécanisme qui reçoit son impulsion de l’activité intime ou principe vital qui existe en eux. Le principe vital est la force motrice des corps organiques. En même temps que l’agent vital donne l’impulsion aux organes, l’action des organes entretient et développe l’activité de l’agent vital, à peu près comme le frottement développe la chaleur.
La vie et la mort.
68. Quelle est la cause de la mort chez les êtres organiques ?
” Epuisement des organes. ”
- Pourrait-on comparer la mort à la cessation du mouvement dans une machine désorganisée ?
” Oui, si la machine est mal montée, le ressort casse ; si le corps est malade, la vie s’en va. ”
69. Pourquoi une lésion du coeur plutôt que celle d’autres organes cause-t-elle la mort ?
” Le coeur est une machine à vie ; mais le coeur n’est pas le seul organe dont la lésion occasionne la mort ; ce n’est qu’un des rouages essentiels. ”
70. Que deviennent la matière et le principe vital des êtres organiques à leur mort ?
” La matière inerte se décompose et en forme de nouveaux ; le principe vital retourne à la masse. ”
L’être organique étant mort, les éléments dont il est formé subissent de nouvelles combinaisons qui constituent de nouveaux êtres ; ceux-ci puisent à la source universelle le principe de la vie et de l’activité, l’absorbent et se l’assimilent pour le rendre à cette source lorsqu’ils cesseront d’exister.
Les organes sont pour ainsi dire imprégnés de fluide vital. Ce fluide donne à toutes les parties de l’organisme une activité qui en opère le rapprochement dans certaines lésions et rétablit des fonctions momentanément suspendues. Mais lorsque les éléments essentiels au jeu des organes sont détruits, ou trop profondément altérés, le fluide vital est impuissant à leur transmettre le mouvement de la vie, et l’être meurt.
Les organes réagissent plus ou moins nécessairement les uns sur les autres ; c’est de l’harmonie de leur ensemble que résulte leur action réciproque. Lorsqu’une cause quelconque détruit cette harmonie, leurs fonctions s’arrêtent comme le mouvement d’un mécanisme dont les rouages essentiels sont dérangés. Telle une horloge qui s’use avec le temps ou se disloque par accident, et que la force motrice est impuissante à mettre en mouvement.
Nous avons une image plus exacte de la vie et de la mort dans un appareil électrique. Cet appareil recèle l’électricité comme tous les corps de la nature à l’état latent. Les phénomènes électriques ne se manifestent que lorsque le fluide est mis en activité par une cause spéciale : alors on pourrait dire que l’appareil est vivant. La cause d’activité venant à cesser, le phénomène cesse : l’appareil rentre dans l’état d’inertie. Les corps organiques seraient ainsi des sortes de piles ou appareils électriques dans lesquels l’activité du fluide produit le phénomène de la vie : la cessation de cette activité produit la mort.
La quantité de fluide vital n’est point absolue chez tous les êtres organiques ; elle varie selon les espèces, et n’est point constante soit dans le même individu, soit dans les individus de la même espèce. Il en est qui en sont pour ainsi dire saturés, tandis que d’autres en ont à peine une quantité suffisante ; de là pour quelques-uns la vie plus active, plus tenace, et en quelque sorte surabondante.
La quantité de fluide vital s’épuise ; elle peut devenir insuffisante pour l’entretien de la vie si elle n’est renouvelée par l’absorption et l’assimilation des substances qui le recèlent.
Le fluide vital se transmet d’un individu à un autre individu. Celui qui en a le plus peut en donner à celui qui en a le moins et, dans certains cas, rappeler la vie prête à s’éteindre.
Intelligence et instinct.
71. L’intelligence est-elle un attribut du principe vital ?
” Non, puisque les plantes vivent et ne pensent pas : elles n’ont que la vie organique. L’intelligence et la matière sont indépendantes, puisqu’un corps peut vivre sans intelligence ; mais l’intelligence ne peut se manifester que par le moyen des organes matériels ; il faut l’union de l’esprit pour intelligenter la matière animalisée. ”
L’intelligence est une faculté spéciale propre à certaines classes d’êtres organiques et qui leur donne, avec la pensée, la volonté d’agir, la conscience de leur existence et de leur individualité, ainsi que les moyens d’établir des rapports avec le monde extérieur, et de pourvoir à leurs besoins.
On peut ainsi distinguer : 1° les êtres inanimés formés de matière seule, sans vitalité ni intelligence : ce sont les corps bruts ; 2° les êtres animés non pensants, formés de matière et doués de vitalité, mais dépourvus d’intelligence ; 3° les êtres animés pensants, formés de matière, doués de vitalité et ayant de plus un principe intelligent qui leur donne la faculté de penser.
72. Quelle est la source de l’intelligence ?
” Nous l’avons dit : l’intelligence universelle. ”
- Pourrait-on dire que chaque être puise une portion d’intelligence à la source universelle et se l’assimile, comme il puise et s’assimile le principe de la vie matérielle ?
” Ceci n’est qu’une comparaison, mais qui n’est pas exacte, parce que l’intelligence est une faculté propre à chaque être et constitue son individualité morale. Du reste, vous le savez, il est des choses qu’il n’est pas donné à l’homme de pénétrer, et celle-ci est du nombre pour le moment. ”
73. L’instinct est-il indépendant de l’intelligence ?
” Non, pas précisément, car c’est une espèce d’intelligence. L’instinct est une intelligence non raisonnée, c’est par là que tous les êtres pourvoient à leurs besoins. ”
74. Peut-on assigner une limite entre l’instinct et l’intelligence, c’est-à-dire préciser oû finit l’un et oû commence l’autre ?
” Non, car ils se confondent souvent ; mais on peut très bien distinguer les actes qui appartiennent à l’instinct et ceux qui appartiennent à l’intelligence. ”
75. Est-il exact de dire que les facultés instinctives diminuent à mesure que croissent les facultés intellectuelles ?
” Non, l’instinct existe toujours, mais l’homme le néglige. L’instinct peut aussi mener au bien ; il nous guide presque toujours et, quelquefois, plus sûrement que la raison ; il ne s’égare jamais. ”
- Pourquoi la raison n’est-elle pas toujours un guide infaillible ?
” Elle serait infaillible si elle n’était faussée par la mauvaise éducation, l’orgueil et l’égoïsme. L’instinct ne raisonne pas ; la raison laisse le choix et donne à l’homme le libre arbitre. ”
L’instinct est une intelligence rudimentaire qui diffère de l’intelligence proprement dite en ce que ses manifestations sont presque toujours spontanées, tandis que celles de l’intelligence sont le résultat d’une combinaison et d’un acte délibéré. L’instinct varie dans ses manifestations selon les espèces et leurs besoins. Chez les êtres qui ont la conscience et la perception des choses extérieures, il s’allie à l’intelligence, c’est-à-dire à la volonté et à la liberté.
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CHAPITRE III - CREATION
13.12.2010 von Cleide Ferreira.
Formation des mondes.
L’univers comprend l’infinité des mondes que nous voyons et ceux que nous ne voyons pas, tous les êtres animés et inanimés, tous les astres qui se meuvent dans l’espace ainsi que les fluides qui le remplissent.
37. L’univers a-t-il été créé, ou bien est-il de toute éternité comme Dieu ?
” Sans doute, il n’a pu se faire tout seul, et s’il était de toute éternité comme Dieu, il ne pourrait pas être l’oeuvre de Dieu. ”
La raison nous dit que l’univers n’a pu se faire lui-même, et que, ne pouvant être l’oeuvre du hasard, il doit être l’oeuvre de Dieu.
38. Comment Dieu a-t-il créé l’univers ?
” Pour me servir d’une expression : sa Volonté. Rien ne peint mieux cette volonté toute puissante que ces belles paroles de la Genèse : Dieu dit : Que la lumière soit, et la lumière fut. ”
39. Pouvons-nous connaître le mode de la formation des mondes ?
” Tout ce que l’on peut dire, et ce que vous pouvez comprendre, c’est que les mondes se forment par la condensation de la matière disséminée dans l’espace. ”
40. Les comètes seraient-elles, comme on le pense maintenant, un commencement de condensation de la matière et des mondes en voie de formation ?
” Cela est exact ; mais ce qui est absurde, c’est de croire à leur influence. Je veux dire cette influence qu’on leur attribue vulgairement ; car tous les corps célestes ont leur part d’influence dans certains phénomènes physiques. ”
41. Un monde complètement formé peut-il disparaître, et la matière qui le compose disséminée de nouveau dans l’espace ?
” Oui, Dieu renouvelle les mondes comme il renouvelle les êtres vivants. ”
42. Pouvons-nous connaître la durée de la formation des mondes : de la terre, par exemple ?
” Je ne peux pas te le dire, car le Créateur seul le sait, et bien fou qui prétendrait le savoir ou connaître le nombre des siècles de cette formation. ”
Formation des êtres vivants.
43. Quand la terre a-t-elle commencé à être peuplée ?
” Au commencement tout était chaos ; les éléments étaient confondus. Peu à peu, chaque chose a pris sa place ; alors ont paru les êtres vivants appropriés à l’état du globe. ”
44. D’oû sont venus les êtres vivants sur la terre ?
” La terre en renfermait les germes qui attendaient le moment favorable pour se développer. Les principes organiques se rassemblèrent dès que cessa la force qui les tenait écartés, et ils formèrent les germes de tous les êtres vivants. Les germes restèrent à l’état latent et inerte, comme la chrysalide et les graines des plantes, jusqu’au moment propice pour l’éclosion de chaque espèce ; alors les êtres de chaque espèce se rassemblèrent et se multiplièrent. ”
45. Oû étaient les éléments organiques avant la formation de la terre ?
” Ils se trouvaient, pour ainsi dire, à l’état de fluide dans l’espace, au milieu des Esprits, ou dans d’autres planètes, attendant la création de la terre pour commencer une nouvelle existence sur un globe nouveau. ”
La chimie nous montre les molécules des corps inorganiques s’unissant pour former des cristaux d’une régularité constante, selon chaque espèce, dès qu’ils sont dans les conditions voulues. Le moindre trouble dans ces conditions suffit pour empêcher la réunion des éléments ou, tout au moins, la disposition régulière qui constitue le cristal. Pourquoi n’en serait-il pas de même des éléments organiques ? Nous conservons pendant des années des semences de plantes et d’animaux qui ne se développent qu’à une température donnée et dans un milieu propice ; on a vu des grains de blé germer après plusieurs siècles. Il y a donc dans ces semences un principe latent de vitalité qui n’attend qu’une circonstance favorable pour se développer. Ce qui se passe journellement sous nos yeux ne peut-il avoir existé dès l’origine du globe ? Cette formation des êtres vivants sortant du chaos par la force même de la nature ôte-t-elle quelque chose à la grandeur de Dieu ? Loin de là, elle répond mieux à l’idée que nous nous faisons de sa puissance s’exerçant sur des mondes infinis par des lois éternelles. Cette théorie ne résout pas, il est vrai, la question de l’origine des éléments vitaux ; mais Dieu a ses mystères et a posé des bornes à nos investigations.
46. Y a-t-il encore des êtres qui naissent spontanément ?
” Oui, mais le germe primitif existait déjà à l’état latent. Vous êtes tous les jours témoins de ce phénomène. Les tissus de l’homme et des animaux ne renferment-ils pas les germes d’une multitude de vers qui attendent pour éclore la fermentation putride nécessaire à leur existence ? C’est un petit monde qui sommeille et qui se crée. ”
47. L’espèce humaine se trouvait-elle parmi les éléments organiques contenus dans le globe terrestre ?
” Oui, et elle est venue en son temps ; c’est ce qui a fait dire que l’homme avait été formé du limon de la terre. ”
48. Pouvons-nous connaître l’époque de l’apparition de l’homme et des autres êtres vivants sur la terre ?
” Non, tous vos calculs sont des chimères. ”
49. Si le germe de l’espèce humaine se trouvait parmi les éléments organiques du globe, pourquoi ne se forme-t-il pas spontanément des hommes comme à leur origine ?
” Le principe des choses est dans les secrets de Dieu ; cependant on peut dire que les hommes une fois répandus sur la terre ont absorbé en eux les éléments nécessaires à leur formation pour les transmettre selon les lois de la reproduction. Il en est de même des différentes espèces des êtres vivants. ”
Peuplement de la terre. Adam.
50. L’espèce humaine a-t-elle commencé par un seul homme ?
” Non ; celui que vous appelez Adam ne fut ni le premier, ni le seul qui peupla la Terre. ”
51. Pouvons-nous savoir à quelle époque vivait Adam ?
” A peu près celle que vous lui assignez ; environ 4.000 ans avant le Christ. ”
L’homme, dont la tradition s’est conservée sous le nom d’Adam, fut un de ceux qui survécurent, dans une contrée, après quelques-uns des grands cataclysmes qui ont à diverses époques bouleversé la surface du globe, et il est devenu la souche d’une des races qui le peuplent aujourd’hui. Les lois de la nature s’opposent à ce que les progrès de l’humanité, constatés longtemps avant le Christ, aient pu s’accomplir en quelques siècles, si l’homme n’était sur la terre que depuis l’époque assignée à l’existence d’Adam. Quelques-uns considèrent, et cela avec plus de raison, Adam comme un mythe ou une allégorie personnifiant les premiers âges du monde.
Diversité des races humaines.
52. D’oû viennent les différences physiques et morales qui distinguent les variétés de races d’hommes sur la terre ?
” Le climat, la vie et les habitudes. Il en est de même de deux enfants de la même mère qui, élevés loin de l’autre et différemment, ne se ressembleront en rien au moral. ”
53. L’homme a-t-il pris naissance sur plusieurs points du globe ?
” Oui, et à diverses époques, et c’est là une des causes de la diversité des races ; puis les hommes, en se dispersant sous différents climats et en s’alliant à d’autres races, ont formé de nouveaux types. ”
- Ces différences constituent-elles des espèces distinctes ?
” Certainement non, tous sont de la même famille : les différentes variétés du même fruit l’empêchent-elles d’appartenir à la même espèce ? ”
54. Si l’espèce humaine ne procède pas d’un seul, les hommes doivent-ils cesser pour cela de se regarder comme frères ?
” Tous les hommes sont frères en Dieu, parce qu’ils sont animés par l’esprit et qu’ils tendent au même but. Vous voulez toujours prendre les mots à la lettre. ”
Pluralité des Mondes.
55. Tous les globes qui circulent dans l’espace sont-ils habités ?
” Oui, et l’homme de la terre est loin d’être, comme il le croit, le premier en intelligence, en bonté et en perfection. Il y a pourtant des hommes qui se croient bien forts, qui s’imaginent que ce petit globe a seul le privilège d’avoir des êtres raisonnables. Orgueil et vanité ! Ils croient que Dieu a créé l’univers pour eux seuls. ”
Dieu a peuplé les mondes d’êtres vivants, qui tous concourent au but final de la Providence. Croire les êtres vivants limités au seul point que nous habitons dans l’univers, serait mettre en doute la sagesse de Dieu qui n’a rien fait d’inutile ; il a dû assigner à ces mondes un but plus sérieux que celui de récréer notre vue. Rien d’ailleurs, ni dans la position, ni dans le volume, ni dans la constitution physique de la terre, ne peut raisonnablement faire supposer qu’elle a seule le privilège d’être habitée à l’exclusion de tant de milliers de mondes semblables.
56. La constitution physique des différents globes est-elle la même ?
” Non ; ils ne se ressemblent nullement. ”
57. La constitution physique des mondes n’étant pas la même pour tous, s’ensuit-il pour les êtres qui les habitent une organisation différente ?
” Sans doute, comme chez vous les poissons sont faits pour vivre dans l’eau et les oiseaux dans l’air. ”
58. Les mondes qui sont le plus éloignés du soleil sont-ils privés de lumière et de chaleur, puisque le soleil ne se montre à eux que sous l’apparence d’une étoile ?
” Croyez-vous donc qu’il n’y ait pas d’autres sources de lumière et de chaleur que le soleil ; et comptez-vous pour rien l’électricité qui, dans certains mondes, joue un rôle qui vous est inconnu, et bien autrement important que sur la terre ? D’ailleurs, il n’est pas dit que tous les êtres soient de la même matière que vous, et avec des organes conformés comme les vôtres. ”
Les conditions d’existence des êtres qui habitent les différents mondes doivent être appropriées au milieu dans lequel ils sont appelés à vivre. Si nous n’avions jamais vu de poissons, nous ne comprendrions pas que des êtres pussent vivre dans l’eau. Il en est ainsi des autres mondes qui renferment sans doute des éléments qui nous sont inconnus. Ne voyons-nous pas, sur la terre, les longues nuits polaires éclairées par l’électricité des aurores boréales ? Y a-t-il rien d’impossible à ce que, dans certains mondes, l’électricité soit plus abondante que sur la terre et y joue un rôle général dont nous ne pouvons comprendre les effets ? Ces mondes peuvent donc renfermer en eux-mêmes les sources de chaleur et de lumière nécessaires à leurs habitants.
Considérations et concordances bibliques touchant la création.
59. Les peuples se sont fait des idées très divergentes sur la création, selon le degré de leurs lumières. La raison appuyée sur la science a reconnu l’invraisemblance de certaines théories. Celle qui est donnée par les Esprits confirme l’opinion depuis longtemps admise par les hommes les plus éclairés.
L’objection que l’on peut faire à cette théorie, c’est qu’elle est en contradiction avec le texte des livres sacrés ; mais un examen sérieux fait reconnaître que cette contradiction est plus apparente que réelle, et qu’elle résulte de l’interprétation donnée à un sens souvent allégorique.
La question du premier homme dans la personne d’Adam, comme unique souche de l’humanité, n’est point la seule sur laquelle les croyances religieuses aient dû se modifier. Le mouvement de la terre a paru, à une certaine époque, tellement opposé au texte sacré, qu’il n’est sorte de persécutions dont cette théorie n’ait été le prétexte, et pourtant la terre tourne malgré les anathèmes, et nul aujourd’hui ne pourrait le contester sans faire tort à sa propre raison.
La Bible dit également que le monde fut créé en six jours et en fixe l’époque à environ 4.000 ans avant l’ère chrétienne. Avant cela la terre n’existait pas ; elle a été tirée du néant : le texte est formel ; et voilà que la science positive, la science inexorable vient prouver le contraire. La formation du globe est écrite en caractères imprescriptibles dans le monde fossile, et il est prouvé que les six jours de la création sont autant de périodes, chacune peut-être de plusieurs centaines de milliers d’années. Ceci n’est point un système, une doctrine, une opinion isolée, c’est un fait aussi constant que celui du mouvement de la terre, et que la théologie ne peut se refuser d’admettre, preuve évidente de l’erreur dans laquelle on peut tomber en prenant à la lettre les expressions d’un langage souvent figuré. Faut-il en conclure que la Bible est une erreur ? Non ; mais que les hommes se sont trompés en l’interprétant.
La science, en fouillant les archives de la terre, a reconnu l’ordre dans lequel les différents êtres vivants ont paru à sa surface, et cet ordre est d’accord avec celui qui est indiqué dans la Genèse, avec cette différence que cette oeuvre, au lieu d’être sortie miraculeusement des mains de Dieu en quelques heures, s’est accomplie, toujours par sa volonté, mais selon la loi des forces de la nature, en quelques millions d’années. Dieu en est-il moins grand et moins puissant ? Son oeuvre en est-elle moins sublime pour n’avoir pas le prestige de l’instantanéité ? Evidemment non ; il faudrait se faire de la Divinité une idée bien mesquine pour ne pas reconnaître sa toute-puissance dans les lois éternelles qu’elle a établies pour régir les mondes. La science, loin d’amoindrir l’oeuvre divine, nous la montre sous un aspect plus grandiose et plus conforme aux notions que nous avons de la puissance et de la majesté de Dieu, par cela même qu’elle s’est accomplie sans déroger aux lois de la nature.
La science, d’accord en cela avec Moïse, place l’homme en dernier dans l’ordre de la création des êtres vivants ; mais Moïse place le déluge universel l’an du monde 1654, tandis que la géologie nous montre le grand cataclysme antérieur à l’apparition de l’homme, attendu que, jusqu’à ce jour, on ne trouve dans les couches primitives aucune trace de sa présence, ni de celle des animaux de la même catégorie au point de vue physique ; mais rien ne prouve que cela soit impossible ; plusieurs découvertes ont déjà jeté des doutes à cet égard ; il se peut donc que d’un moment à l’autre on acquière la certitude matérielle de cette antériorité de la race humaine, et alors on reconnaîtra que, sur ce point, comme sur d’autres, le texte biblique est une figure. La question est de savoir si le cataclysme géologique est le même que celui de Noé ; or, la durée nécessaire à la formation des couches fossiles ne permet pas de les confondre, et du moment qu’on aura trouvé les traces de l’existence de l’homme avant la grande catastrophe, il demeurera prouvé, ou qu’Adam n’est pas le premier homme, ou que sa création se perd dans la nuit des temps. Contre l’évidence, il n’y a pas de raisonnements possibles, et il faudra accepter ce fait, comme on a accepté celui du mouvement de la terre et les six périodes de la création.
L’existence de l’homme avant le déluge géologique est, il est vrai, encore hypothétique, mais voici qui l’est moins. En admettant que l’homme ait paru pour la première fois sur la terre 4.000 ans avant le Christ, si 1650 ans plus tard toute la race humaine a été détruite à l’exception d’une seule famille, il en résulte que le peuplement de la terre ne date que de Noé, c’est-à-dire de 2.350 avant notre ère. Or, lorsque les Hébreux émigrèrent en Egypte au dix-huitième siècle, ils trouvèrent ce pays très peuplé et déjà fort avancé en civilisation. L’histoire prouve qu’à cette époque les Indes et d’autres contrées étaient également florissantes, sans même tenir compte de la chronologie de certains peuples qui remonte à une époque bien plus reculée. Il aurait donc fallu que du vingt-quatrième au dix-huitième siècle, c’est-à-dire dans l’espace de 600 ans, non seulement la postérité d’un seul homme eût pu peupler toutes les immenses contrées alors connues, en supposant que les autres ne le fussent pas, mais que, dans ce court intervalle, l’espèce humaine ait pu s’élever de l’ignorance absolue de l’état primitif au plus haut degré du développement intellectuel, ce qui est contraire à toutes les lois anthropologiques.
La diversité des races vient encore à l’appui de cette opinion. Le climat et les habitudes produisent sans doute des modifications dans le caractère physique, mais on connaît jusqu’oû peut aller l’influence de ces causes, et l’examen physiologique prouve qu’il y a entre certaines races des différences constitutionnelles plus profondes que celles que peut produire le climat. Le croisement des races produit les types intermédiaires ; il tend à effacer les caractères extrêmes, mais il ne les produit pas : il ne crée que des variétés ; or, pour qu’il y ait eu croisement de races, il fallait qu’il y eût des races distinctes, et comment expliquer leur existence en leur donnant une souche commune et surtout aussi rapprochée ? Comment admettre qu’en quelques siècles certains descendants de Noé se soient transformés au point de produire la race éthiopique, par exemple ; une telle métamorphose n’est pas plus admissible que l’hypothèse d’une souche commune entre le loup et la brebis, l’éléphant et le puceron, l’oiseau et le poisson. Encore une fois, rien ne saurait prévaloir contre l’évidence des faits. Tout s’explique, au contraire, en admettant l’existence de l’homme avant l’époque qui lui est vulgairement assignée ; la diversité des souches ; Adam qui vivait il y a 6.000 ans, comme ayant peuplé une contrée encore inhabitée ; le déluge de Noé comme une catastrophe partielle confondue avec le cataclysme géologique ; en tenant compte enfin de la forme allégorique particulière au style oriental, et que l’on retrouve dans les livres sacrés de tous les peuples. C’est pourquoi il est prudent de ne pas s’inscrire trop légèrement en faux contre les doctrines qui peuvent tôt ou tard, comme tant d’autres, donner un démenti à ceux qui les combattent. Les idées religieuses, loin de perdre, grandissent en marchant avec la science ; c’est le seul moyen de ne pas montrer au scepticisme un côté vulnérable.
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CHAPITRE II - ELEMENTS GENERAUX DE L’UNIVERS
30.11.2010 von Cleide Ferreira.
Connaissance du principe des choses.
17. Est-il donné à l’homme de connaître le principe des choses ?
” Non, Dieu ne permet pas que tout soit révélé à l’homme ici-bas. ”
18. L’homme pénétrera-t-il un jour le mystère des choses qui lui sont cachées ?
” Le voile se lève pour lui à mesure qu’il s’épure ; mais pour comprendre certaines choses, il lui faut des facultés qu’il ne possède pas encore. ”
19. L’homme ne peut-il pas, par les investigations de la science, pénétrer quelques-uns des secrets de la nature ?
” La science lui a été donnée pour son avancement en toutes choses, mais il ne peut dépasser les limites fixées par Dieu. ”
Plus il est donné à l’homme de pénétrer avant dans ces mystères, plus son admiration doit être grande pour la puissance et la sagesse du Créateur ; mais, soit par orgueil, soit par faiblesse, son intelligence même le rend souvent le jouet de l’illusion ; il entasse systèmes sur systèmes, et chaque jour lui montre combien d’erreurs il a prises pour des vérités, et combien de vérités il a repoussées comme des erreurs. Ce sont autant de déceptions pour son orgueil.
20. En dehors des investigations de la science, est-il donné à l’homme de recevoir des communications d’un ordre plus élevé sur ce qui échappe au témoignage de ses sens ?
” Oui, si Dieu le juge utile, il peut révéler ce que la science ne peut apprendre. ”
C’est par ces communications que l’homme puise, dans certaines limites, la connaissance de son passé et de sa destinée future.
Esprit et matière.
21. La matière est-elle de toute éternité comme Dieu, ou bien a-t-elle été créée par lui dans un temps quelconque ?
” Dieu seul le sait. Cependant, il est une chose que votre raison doit vous indiquer, c’est que Dieu, type d’amour et de charité, n’a jamais été inactif. Quelque éloigné que vous puissiez vous représenter le début de son action, pouvez-vous le comprendre une seconde dans l’oisiveté ? ”
22. On définit généralement la matière : ce qui a de l’étendue ; ce qui peut faire impression sur nos sens ; ce qui est impénétrable ; ces définitions sont-elles exactes ?
” A votre point de vue, cela est exact parce que vous ne parlez que d’après ce que vous connaissez ; mais la matière existe à des états qui vous sont inconnus ; elle peut être, par exemple, tellement éthérée et subtile, qu’elle ne fasse aucune impression sur vos sens ; cependant c’est toujours de la matière, mais pour vous ce n’en serait pas. ”
- Quelle définition pouvez-vous donner de la matière ?
” La matière est le lien qui enchaîne l’esprit ; c’est l’instrument qui le sert et sur lequel, en même temps, il exerce son action. ” A ce point de vue, on peut dire que la matière est l’agent, l’intermédiaire à l’aide duquel et sur lequel agit l’esprit.
23. Qu’est-ce que l’esprit ?
” Le principe intelligent de l’univers. ”
- Quelle est la nature intime de l’esprit ?
” L’esprit n’est pas facile à analyser dans votre langage. Pour vous, ce n’est rien, parce que l’esprit n’est pas une chose palpable; mais pour nous c’est quelque chose. Sachez-le bien, rien c’est le néant, et le néant n’existe pas.”
24. L’esprit est-il synonyme d’intelligence ?
” L’intelligence est un attribut essentiel de l’esprit ; mais l’un et l’autre se confondent dans un principe commun, de sorte que pour vous c’est une même chose. ”
25. L’esprit est-il indépendant de la matière, ou n’en est-il qu’une propriété, comme les couleurs sont des propriétés de la lumière et le son une propriété de l’air ?
” L’un et l’autre sont distincts ; mais il faut l’union et de l’esprit et de la matière pour intelligenter la matière. ”
- Cette union est-elle également nécessaire pour la manifestation de l’esprit ? (Nous entendons ici par esprit le principe de l’intelligence, abstraction faite des individualités désignées sous ce nom).
” Elle est nécessaire pour vous, parce que vous n’êtes pas organisés pour percevoir l’esprit sans la matière ; vos sens ne sont pas faits pour cela. ”
26. Peut-on concevoir l’esprit sans la matière et la matière sans l’esprit ?
” On le peut, sans doute, par la pensée. ”
27. Il y aurait ainsi deux éléments généraux de l’univers : la matière et l’esprit ?
” Oui, et par-dessus tout cela Dieu, le créateur, le père de toutes choses ; ces trois choses sont le principe de tout ce qui existe, la trinité universelle. Mais, à l’élément matériel, il faut ajouter le fluide universel qui joue le rôle d’intermédiaire entre l’esprit et la matière proprement dite, trop grossière pour que l’esprit puisse avoir une action sur elle. Quoique, à un certain point de vue, on puisse le ranger dans l’élément matériel, il se distingue par des propriétés spéciales ; s’il était matière positivement, il n’y aurait pas de raison pour que l’Esprit ne le fût pas aussi. Il est placé entre l’esprit et la matière ; il est fluide, comme la matière est matière, susceptible, par ses innombrables combinaisons avec celle-ci, et sous l’action de l’esprit, de produire l’infinie variété des choses dont vous ne connaissez qu’une faible partie. Ce fluide universel, ou primitif, ou élémentaire, étant l’agent qu’emploie l’esprit, est le principe sans lequel la matière serait en état perpétuel de division et n’acquerrait jamais les propriétés que lui donne la pesanteur. ”
- Ce fluide serait-il celui que nous désignons sous le nom d’électricité ?
” Nous avons dit qu’il est susceptible d’innombrables combinaisons ; ce que vous appelez fluide électrique, fluide magnétique, sont des modifications du fluide universel, qui n’est, à proprement parler, qu’une matière plus parfaite, plus subtile, et que l’on peut regarder comme indépendante. ”
28. Puisque l’esprit est lui-même quelque chose, ne serait-il pas plus exact et moins sujet à confusion de désigner ces deux éléments généraux par les mots : matière inerte et matière intelligente ?
” Les mots nous importent peu ; c’est à vous de formuler votre langage de manière à vous entendre. Vos disputes viennent presque toujours de ce que vous ne vous entendez pas sur les mots, parce que votre langage est incomplet pour les choses qui ne frappent pas vos sens. ”
Un fait patent domine toutes les hypothèses : nous voyons de la matière qui n’est pas intelligente ; nous voyons un principe intelligent indépendant de la matière. L’origine et la connexion de ces deux choses nous sont inconnues. Qu’elles aient ou non une source commune, des points de contact nécessaires ; que l’intelligence ait son existence propre, ou qu’elle soit une propriété, un effet ; qu’elle soit même, selon l’opinion de quelques-uns, une émanation de la Divinité, c’est ce que nous ignorons ; elles nous apparaissent distinctes, c’est pourquoi nous les admettons comme formant deux principes constituants de l’univers. Nous voyons au-dessus de tout cela une intelligence qui domine toutes les autres, qui les gouverne toutes, qui s’en distingue par des attributs essentiels : c’est cette intelligence suprême que l’on appelle Dieu.
Propriétés de la matière.
29. La pondérabilité est-elle un attribut essentiel de la matière ?
” De la matière telle que vous l’entendez, oui ; mais non de la matière considérée comme fluide universel. La matière éthérée et subtile qui forme ce fluide est impondérable pour vous, et ce n’en est pas moins le principe de votre matière pesante. ”
La pesanteur est une propriété relative ; en dehors des sphères d’attraction des mondes, il n’y a pas de poids, de même qu’il n’y a ni haut ni bas.
30. La matière est-elle formée d’un seul ou de plusieurs éléments ?
” Un seul élément primitif. Les corps que vous regardez comme des corps simples ne sont pas de véritables éléments, mais des transformations de la matière primitive. ”
31. D’oû viennent les différentes propriétés de la matière ?
” Ce sont des modifications que les molécules élémentaires subissent par leur union et dans certaines circonstances. ”
32. D’après cela, les saveurs, les odeurs, les couleurs, le son, les qualités vénéneuses ou salutaires des corps, ne seraient que les modifications d’une seule et même substance primitive ?
” Oui, sans doute, et qui n’existent que par la disposition des organes destinés à les percevoir. ”
Ce principe est démontré par le fait que tout le monde ne perçoit pas les qualités des corps de la même manière : l’un trouve une chose agréable au goût, un autre la trouve mauvaise ; les uns voient bleu ce que d’autres voient rouge ; ce qui est un poison pour les uns est inoffensif ou salutaire pour d’autres.
33. La même matière élémentaire est-elle susceptible de recevoir toutes les modifications et d’acquérir toutes les propriétés ?
” Oui, et c’est ce que l’on doit entendre quand nous disons que tout est dans tout . ”
L’oxygène, l’hydrogène, l’azote, le carbone et tous les corps que nous regardons comme simples ne sont que des modifications d’une substance primitive. Dans l’impossibilité oû nous sommes jusqu’à présent de remonter autrement que par la pensée à cette matière première, ces corps sont pour nous de véritables éléments, et nous pouvons, sans que cela tire à conséquence, les considérer comme tels jusqu’à nouvel ordre.
- Cette théorie semble donner raison à l’opinion de ceux qui n’admettent dans la matière que deux propriétés essentielles : la force et le mouvement, et qui pensent que toutes les autres propriétés ne sont que des effets secondaires variant selon l’intensité de la force et la direction du mouvement ?
” Cette opinion est exacte. Il faut ajouter aussi selon la disposition des molécules, comme tu le vois, par exemple, dans un corps opaque qui peut devenir transparent, et réciproquement. ”
34. Les molécules ont-elles une forme déterminée ?
” Sans doute, les molécules ont une forme, mais qui n’est pas appréciable pour vous. ”
- Cette forme est-elle constante ou variable ?
” Constante pour les molécules élémentaires primitives, mais variable pour les molécules secondaires qui ne sont elles-mêmes que des agglomérations des premières ; car ce que vous appelez molécule est encore loin de la molécule élémentaire. ”
Espace universel.
35. L’espace universel est-il infini ou limité ?
” Infini. Suppose-lui des bornes, qu’y aurait-il au-delà ? Cela confond ta raison, je le sais bien, et pourtant ta raison te dit qu’il n’en peut être autrement. Il en est de même de l’infini en toutes choses ; ce n’est pas dans votre petite sphère que vous pouvez le comprendre. ”
Si l’on suppose une limite à l’espace, quelque éloignée que la pensée puisse la concevoir, la raison dit qu’au-delà de cette limite il y a quelque chose, et ainsi de proche en proche jusqu’à l’infini ; car ce quelque chose, fût-il le vide absolu, serait encore de l’espace.
36. Le vide absolu existe-t-il quelque part dans l’espace universel ?
” Non, rien n’est vide ; ce qui est vide pour toi est occupé par une matière qui échappe à tes sens et à tes instruments. “
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CHAPITRE I - LES CAUSES PREMIERES: DIEU
25.11.2010 von Cleide Ferreira.
CHAPITRE PREMIER
Dieu et l’infini.
1. Qu’est-ce que Dieu ?
« Dieu est l’intelligence suprême, cause première de toutes choses » [1].
2. Que doit-on entendre par l’infini ?
« Ce qui n’a ni commencement ni fin : l’inconnu ; tout ce qui est inconnu est infini. »
3. Pourrait-on dire que Dieu c’est l’infini ?
« Définition incomplète. Pauvreté de la langue des hommes qui est insuffisante pour définir les choses qui sont au-dessus de leur intelligence. »
Dieu est infini dans ses perfections, mais l’infini est une abstraction ; dire que Dieu est l’infini, c’est prendre l’attribut pour la chose même, et définir une chose qui n’est pas connue par une chose qui ne l’est pas davantage.
[1] Le texte placé entre guillemets à la suite des questions est la réponse même donnée par les Esprits. On a distingué par un autre caractère les remarques et développements ajoutés par l’auteur, lorsqu’il y aurait eu possibilité de les confondre avec le texte de la réponse. Quand ils forment des chapitres entiers, la confusion n’étant pas possible, on a conservé le caractère ordinaire.
Preuves de l’existence de Dieu.
4. Où peut-on trouver la preuve de l’existence de Dieu ?
« Dans un axiome que vous appliquez à vos sciences : il n’y a pas d’effet sans cause. Cherchez la cause de tout ce qui n’est pas l’oeuvre de l’homme, et votre raison vous répondra. »
Pour croire en Dieu, il suffit de jeter les yeux sur les oeuvres de la création. L’univers existe, il a donc une cause. Douter de l’existence de Dieu, serait nier que tout effet a une cause, et avancer que rien a pu faire quelque chose.
5. Quelle conséquence peut-on tirer du sentiment intuitif que tous les hommes portent en eux-mêmes de l’existence de Dieu ?
« Que Dieu existe ; car d’où lui viendrait ce sentiment s’il ne reposait sur rien ? C’est encore une suite du principe qu’il n’y a pas d’effet sans cause. »
6. Le sentiment intime que nous avons en nous-mêmes de l’existence de Dieu ne serait-il pas le fait de l’éducation et le produit d’idées acquises ?
« Si cela était, pourquoi vos sauvages auraient-ils ce sentiment ? »
Si le sentiment de l’existence d’un être suprême n’était que le produit d’un enseignement, il ne serait pas universel, et n’existerait, comme les notions des sciences, que chez ceux qui auraient pu recevoir cet enseignement.
7. Pourrait-on trouver la cause première de la formation des choses dans les propriétés intimes de la matière ?
« Mais alors, quelle serait la cause de ces propriétés ? Il faut toujours une cause première. »
Attribuer la formation première des choses aux propriétés intimes de la matière serait prendre l’effet pour la cause, car ces propriétés sont elles-mêmes un effet qui doit avoir une cause.
8. Que penser de l’opinion qui attribue la formation première à une combinaison fortuite de la matière, autrement dit au hasard ?
« Autre absurdité ! Quel homme de bon sens peut regarder le hasard comme un être intelligent ? Et puis, qu’est-ce que le hasard ? Rien. »
L’harmonie qui règle les ressorts de l’univers décèle des combinaisons et des vues déterminées, et, par cela même, révèle la puissance intelligente. Attribuer la formation première au hasard serait un non-sens, car le hasard est aveugle et ne peut produire les effets de l’intelligence. Un hasard intelligent ne serait plus le hasard.
9. Où voit-on dans la cause première une intelligence suprême et supérieure à toutes les intelligences ?
« Vous avez un proverbe qui dit ceci : A l’oeuvre, on reconnaît l’ouvrier. Eh bien ! Regardez l’oeuvre et cherchez l’ouvrier. C’est l’orgueil qui engendre l’incrédulité. L’homme orgueilleux ne veut rien au-dessus de lui, c’est pourquoi il s’appelle esprit fort. Pauvre être, qu’un souffle de Dieu peut abattre ! »
On juge la puissance d’une intelligence par ses oeuvres ; nul être humain ne pouvant créer ce que produit la nature, la cause première est donc une intelligence supérieure à l’humanité.
Quels que soient les prodiges accomplis par l’intelligence humaine, cette intelligence a elle-même une cause, et plus ce qu’elle accomplit est grand, plus la cause première doit être grande. C’est cette intelligence qui est la cause première de toutes choses, quel que soit le nom sous lequel l’homme l’a désignée.
Attributs de la Divinité.
10. L’homme peut-il comprendre la nature intime de Dieu ?
« Non ; c’est un sens qui lui manque. »
11. Sera-t-il un jour donné à l’homme de comprendre le mystère de la Divinité ?
« Quand son esprit ne sera plus obscurci par la matière et que, par sa perfection, il se sera rapproché de lui, alors il le verra et il le comprendra. »
L’infériorité des facultés de l’homme ne lui permet pas de comprendre la nature intime de Dieu. Dans l’enfance de l’humanité, l’homme le confond souvent avec la créature dont il lui attribue les imperfections ; mais à mesure que le sens moral se développe en lui, sa pensée pénètre mieux le fond des choses, et il s’en fait une idée plus juste et plus conforme à la saine raison, quoique toujours incomplète.
12. Si nous ne pouvons comprendre la nature intime de Dieu, pouvons-nous avoir une idée de quelques-unes de ses perfections ?
« Oui, de quelques-unes. L’homme les comprend mieux à mesure qu’il s’élève au-dessus de la matière ; il les entrevoit par la pensée. »
13. Lorsque nous disons que Dieu est éternel, infini, immuable, immatériel, unique, tout-puissant, souverainement juste et bon, n’avons-nous pas une idée complète de ses attributs ?
« A votre point de vue, oui, parce que vous croyez tout embrasser ; mais sachez bien qu’il est des choses au-dessus de l’intelligence de l’homme le plus intelligent, et pour lesquelles votre langage, borné à vos idées et à vos sensations, n’a point d’expressions. La raison vous dit, en effet, que Dieu doit avoir ces perfections au suprême degré, car s’il en avait une seule de moins, ou bien qui ne fût pas à un degré infini, il ne serait pas supérieur à tout et, par conséquent, ne serait pas Dieu. Pour être au-dessus de toutes choses, Dieu ne doit subir aucune vicissitude et n’avoir aucune des imperfections que l’imagination peut concevoir. »
Dieu est éternel ; s’il avait eu un commencement il serait sorti du néant, ou bien il aurait été créé lui-même par un être antérieur. C’est ainsi que de proche en proche nous remontons à l’infini et à l’éternité.
Il est immuable ; s’il était sujet à des changements, les lois qui régissent l’univers n’auraient aucune stabilité.
Il est immatériel ; c’est-à-dire que sa nature diffère de tout ce que nous appelons matière, autrement il ne serait pas immuable, car il serait sujet aux transformations de la matière.
Il est unique ; s’il y avait plusieurs Dieux, il n’y aurait ni unité de vues, ni unité de puissance dans l’ordonnance de l’univers.
Il est tout-puissant ; parce qu’il est unique. S’il n’avait pas la souveraine puissance, il y aurait quelque chose de plus puissant ou d’aussi puissant que lui ; il n’eût pas fait toutes choses, et celles qu’il n’aurait pas faites seraient l’oeuvre d’un autre Dieu.
Il est souverainement juste et bon. La sagesse providentielle des lois divines se révèle dans les plus petites choses comme dans les plus grandes, et cette sagesse ne permet de douter ni de sa justice, ni de sa bonté.
Panthéisme.
14. Dieu est-il un être distinct, ou bien serait-il, selon l’opinion de quelques-uns, la résultante de toutes les forces et de toutes les intelligences de l’univers réunies ?
« S’il en était ainsi, Dieu ne serait pas, car il serait l’effet et non la cause ; il ne peut être à la fois l’un et l’autre. »
« Dieu existe, vous n’en pouvez douter, c’est l’essentiel ; croyez-moi, n’allez pas au-delà ; ne vous égarez pas dans un labyrinthe d’où vous ne pourriez sortir ; cela ne vous rendrait pas meilleurs, mais peut-être un peu plus orgueilleux, parce que vous croiriez savoir, et qu’en réalité vous ne sauriez rien. Laissez donc de côté tous ces systèmes ; vous avez assez de choses qui vous touchent plus directement, à commencer par vous-mêmes ; étudiez vos propres imperfections afin de vous en débarrasser, cela vous sera plus utile que de vouloir pénétrer ce qui est impénétrable. »
15. Que penser de l’opinion d’après laquelle tous les corps de la nature, tous les êtres, tous les globes de l’univers seraient des parties de la Divinité et constitueraient, par leur ensemble, la Divinité elle-même ; autrement dit de la doctrine panthéiste ?
« L’homme ne pouvant se faire Dieu, veut tout au moins être une partie de Dieu. »
16. Ceux qui professent cette doctrine prétendent y trouver la démonstration de quelques-uns des attributs de Dieu : Les mondes étant infinis, Dieu est, par cela même, infini ; le vide ou néant n’étant nulle part, Dieu est partout ; Dieu étant partout, puisque tout est partie intégrante de Dieu, il donne à tous les phénomènes de la nature une raison d’être intelligente. Que peut-on opposer à ce raisonnement ?
« La raison ; réfléchissez mûrement, et il ne vous sera pas difficile d’en reconnaître l’absurdité. »
Cette doctrine fait de Dieu un être matériel qui, bien que doué d’une intelligence suprême, serait en grand ce que nous sommes en petit. Or, la matière se transformant sans cesse, s’il en était ainsi Dieu n’aurait aucune stabilité ; il serait sujet à toutes les vicissitudes, à tous les besoins même de l’humanité ; il manquerait d’un des attributs essentiels de la Divinité : l’immuabilité. Les propriétés de la matière ne peuvent s’allier à l’idée de Dieu sans le rabaisser dans notre pensée, et toutes les subtilités du sophisme ne parviendront pas à résoudre le problème de sa nature intime. Nous ne savons pas tout ce qu’il est, mais nous savons ce qu’il ne peut pas ne pas être, et ce système est en contradiction avec ses propriétés les plus essentielles ; il confond le créateur avec la créature, absolument comme si l’on voulait qu’une machine ingénieuse fût une partie intégrante du mécanicien qui l’a conçue.
L’intelligence de Dieu se révèle dans ses oeuvres comme celle d’un peintre dans son tableau ; mais les oeuvres de Dieu ne sont pas plus Dieu lui-même que le tableau n’est le peintre qui l’a conçu et exécuté.
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PROLEGOMENES
23.11.2010 von Cleide Ferreira.
Des phénomènes qui sortent des lois de la science vulgaire se manifestent de toutes parts et révèlent dans leur cause l’action d’une volonté libre et intelligente.
La raison dit qu’un effet intelligent doit avoir pour cause une puissance intelligente, et des faits ont prouvé que cette puissance peut entrer en communication avec les hommes par des signes matériels.
Cette puissance, interrogée sur sa nature, a déclaré appartenir au monde des êtres spirituels qui ont dépouillé l’enveloppe corporelle de l’homme. C’est ainsi que fut révélée la doctrine des Esprits.
Les communications entre le monde spirite et le monde corporel sont dans la nature des choses, et ne constituent aucun fait surnaturel ; c’est pourquoi on en trouve la trace chez tous les peuples et à toutes les époques ; aujourd’hui, elles sont générales et patentes pour tout le monde.
Les Esprits annoncent que les temps marqués par la Providence pour une manifestation universelle sont arrivés, et qu’étant les ministres de Dieu et les agents de sa volonté, leur mission est d’instruire et d’éclairer les hommes en ouvrant une nouvelle ère pour la régénération de l’humanité.
Ce livre est le recueil de leurs enseignements ; il a été écrit par l’ordre et sous la dictée d’Esprits supérieurs pour établir les fondements d’une philosophie rationnelle, dégagée des préjugés de l’esprit de système ; il ne renferme rien qui ne soit l’expression de leur pensée et qui n’ait subi leur contrôle. L’ordre et la distribution méthodique des matières, ainsi que les remarques et la forme de quelques parties de la rédaction sont seuls l’oeuvre de celui qui a reçu mission de le publier.
Dans le nombre des Esprits qui ont concouru à l’accomplissement de cette oeuvre, plusieurs ont vécu à diverses époques sur la terre oû ils ont prêché et pratiqué la vertu et la sagesse ; d’autres n’appartiennent, par leur nom, à aucun personnage dont l’histoire ait gardé le souvenir, mais leur élévation est attestée par la pureté de leur doctrine, et leur union avec ceux qui portent des noms vénérés.
Voici les termes dans lesquels ils ont donné par écrit, et par l’intermédiaire de plusieurs médiums, la mission d’écrire ce livre :
” Occupe-toi avec zèle et persévérance du travail que tu as entrepris avec notre concours, car ce travail est le nôtre. Nous y avons posé les bases du nouvel édifice qui s’élève et doit un jour réunir tous les hommes dans un même sentiment d’amour et de charité ; mais avant de le répandre, nous le reverrons ensemble, afin d’en contrôler tous les détails. ”
” Nous serons avec toi toutes les fois que tu le demanderas et pour t’aider dans tes autres travaux, car ce n’est là qu’une partie de la mission qui t’est confiée, et qui t’a déjà été révélée par l’un de nous. ” ” Dans le nombre des enseignements qui te sont donnés, il en est que tu dois garder pour toi seul jusqu’à nouvel ordre ; nous t’indiquerons quand le moment de les publier sera venu : en attendant, médite-les, afin d’être prêt quand nous te le dirons. ”
” Tu mettras en tête du livre le cep de vigne que nous t’avons dessiné , parce qu’il est l’emblème du travail du Créateur ; tous les principes matériels qui peuvent le mieux représenter le corps et l’esprit s’y trouvent réunis : le corps, c’est le cep ; l’esprit, c’est la liqueur ; l’âme, ou l’esprit unis à la matière, c’est le grain. L’homme quintessencie l’esprit par le travail, et tu sais que ce n’est que par le travail du corps que l’esprit acquiert des connaissances. ”
” Ne te laisse pas décourager par la critique. Tu trouveras des contradicteurs acharnés, surtout parmi les gens intéressés aux abus. Tu en trouveras même parmi les Esprits, car ceux qui ne sont pas complètement dématérialisés cherchent souvent à semer le doute par malice ou par ignorance ; mais va toujours ; crois en Dieu, et marche avec confiance : nous serons là pour te soutenir, et le temps est proche oû la vérité éclatera de toutes parts. ”
” La vanité de certains hommes qui croient tout savoir et veulent tout expliquer à leur manière fera naître des opinions dissidentes ; mais tous ceux qui auront en vue le grand principe de Jésus se confondront dans le même sentiment de l’amour du bien, et s’uniront par un lien fraternel qui embrassera le monde entier ; ils laisseront de côté les misérables disputes de mots pour ne s’occuper que des choses essentielles, et la doctrine sera toujours la même, quant au fond, pour tous ceux qui recevront les communications des Esprits supérieurs. ”
” C’est avec la persévérance que tu parviendras à recueillir le fruit de tes travaux. Le plaisir que tu éprouveras en voyant la doctrine se propager et bien comprise te sera une récompense dont tu connaîtras toute la valeur, peut-être plus dans l’avenir que dans le présent. Ne t’inquiète donc pas des ronces et des pierres que des incrédules ou des méchants sèmeront sur ta route ; conserve la confiance : avec la confiance tu parviendras au but, et tu mériteras d’être toujours aidé. ”
” Souviens-toi que les Bons Esprits n’assistent que ceux qui servent Dieu avec humilité et désintéressement, et qu’ils répudient quiconque cherche dans la voie du ciel un marchepied pour les choses de la terre ; ils se retirent de l’orgueilleux et de l’ambitieux. L’orgueil et l’ambition seront toujours une barrière entre l’homme et Dieu ; c’est un voile jeté sur les célestes clartés, et Dieu ne peut se servir de l’aveugle pour faire comprendre la lumière. ”
SAINT JEAN L’EVANGELISTE, SAINT AUGUSTIN, SAINT VINCENT DE PAUL, SAINT LOUIS, L’ESPRIT DE VERITE, SOCRATE, PLATON, FENELON, FRANKLIN, SWEDENBORG, ETC., ETC..
NOTA. - Les principes contenus dans ce livre résultent, soit des réponses faites par les Esprits aux questions directes qui leur ont été proposées à diverses époques et par l’entremise d’un grand nombre de médiums, soit des instructions données par eux spontanément à nous ou à d’autres personnes sur les matières qu’il renferme. Le tout a été coordonné de manière à présenter un ensemble régulier et méthodique, et n’a été livré à la publicité qu’après avoir été soigneusement revu à plusieurs reprises et corrigé par les Esprits eux-mêmes. Cette seconde édition a pareillement été de leur part l’objet d’un nouvel et minutieux examen.
Ce qui est entre guillemets à la suite des questions est la réponse textuelle donnée par les Esprits. Ce qui est marqué par un autre caractère, ou désigné d’une manière spéciale à cet effet, comprend les remarques ou développements ajoutés par l’auteur, et qui ont également subi le contrôle des Esprits.
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INTRODUCTION A L’ETUDE DE LA DOCTRINE SPIRITE - XVII
9.11.2010 von Cleide Ferreira.
Le scepticisme, touchant la doctrine spirite, lorsqu’il n’est pas le résultat d’une opposition systématique intéressée, a presque toujours sa source dans une connaissance incomplète des faits, ce qui n’empêche pas certaines gens de trancher la question comme s’ils la connaissaient parfaitement. On peut avoir beaucoup d’esprit, de l’instruction même, et manquer de jugement ; or, le premier indice d’un défaut dans le jugement, c’est de croire le sien infaillible. Beaucoup de personnes aussi ne voient dans les manifestations spirites qu’un objet de curiosité ; nous espérons que, par la lecture de ce livre, elles trouveront dans ces phénomènes étranges autre chose qu’un simple passe-temps.
La science spirite comprend deux parties : l’une expérimentale sur les manifestations en général, l’autre philosophique sur les manifestations intelligentes. Quiconque n’a observé que la première est dans la position de celui qui ne connaîtrait la physique que par des expériences récréatives, sans avoir pénétré dans le fond de la science. La véritable doctrine spirite est dans l’enseignement donné par les Esprits, et les connaissances que cet enseignement comporte sont trop graves pour pouvoir être acquises autrement que par une étude sérieuse et suivie, faite dans le silence et le recueillement ; car dans cette condition seule on peut observer un nombre infini de faits et de nuances qui échappent à l’observateur superficiel et permettent d’asseoir une opinion. Ce livre n’aurait-il pour résultat que de montrer le côté sérieux de la question, et de provoquer des études dans ce sens, ce serait déjà beaucoup, et nous nous applaudirions d’avoir été choisi pour accomplir une oeuvre dont nous ne prétendons, du reste, nous faire aucun mérite personnel, puisque les principes qu’il renferme ne sont pas notre création ; le mérite en est donc tout entier aux Esprits qui l’ont dicté. Nous espérons qu’il aura un autre résultat, c’est de guider les hommes désireux de s’éclairer, en leur montrant, dans ces études, un but grand et sublime : celui du progrès individuel et social, et de leur indiquer la route à suivre pour l’atteindre.
Terminons par une dernière considération. Des astronomes, en sondant les espaces, ont trouvé, dans la répartition des corps célestes, des lacunes non justifiées et en désaccord avec les lois de l’ensemble ; ils ont soupçonné que ces lacunes devaient être remplies par des globes échappés à leurs regards ; d’un autre côté, ils ont observé certains effets dont la cause leur était inconnue, et ils se sont dit : là il doit y avoir un monde, car cette lacune ne peut exister, et ces effets doivent avoir une cause. Jugeant alors de la cause par l’effet, ils en ont pu calculer les éléments, et plus tard les faits sont venus justifier leurs prévisions. Appliquons ce raisonnement à un autre ordre d’idées. Si l’on observe la série des êtres, on trouve qu’ils forment une chaîne sans solution de continuité depuis la matière brute jusqu’à l’homme le plus intelligent. Mais entre l’homme et Dieu, qui est l’alpha et l’oméga de toutes choses, quelle immense lacune ! Est-il rationnel de penser qu’à lui s’arrêtent les anneaux de cette chaîne ? Qu’il franchisse sans transition la distance qui le sépare de l’infini ? La raison nous dit qu’entre l’homme et Dieu il doit y avoir d’autres échelons, comme elle a dit aux astronomes qu’entre les mondes connus il devait y avoir des mondes inconnus. Quelle est la philosophie qui a comblé cette lacune ? Le spiritisme nous la montre remplie par les êtres de tous rangs du monde invisible, et ces êtres ne sont autres que les Esprits des hommes arrivés aux différents degrés qui conduisent à la perfection : alors tout se lie, tout s’enchaîne, depuis l’alpha jusqu’à l’oméga. Vous qui niez l’existence des Esprits, remplissez donc le vide qu’ils occupent ; et vous qui en riez, osez donc rire des oeuvres de Dieu et de sa toute-puissance
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INTRODUCTION A L’ETUDE DE LA DOCTRINE SPIRITE - XVI
9.11.2010 von Cleide Ferreira.
Il nous reste à examiner deux objections ; les seules qui méritent véritablement ce nom, parce qu’elles sont basées sur des théories raisonnées. L’une et l’autre admettent la réalité de tous les phénomènes matériels et moraux, mais elles excluent l’intervention des Esprits.
Selon la première de ces théories, toutes les manifestations attribuées aux Esprits ne seraient autre chose que des effets magnétiques. Les médiums seraient dans un état qu’on pourrait appeler somnambulisme éveillé, phénomène dont toute personne qui a étudié le magnétisme a pu être témoin. Dans cet état, les facultés intellectuelles acquièrent un développement anormal ; le cercle des perceptions intuitives s’étend hors des limites de notre conception ordinaire. Dès lors, le médium puiserait en lui-même et par le fait de sa lucidité tout ce qu’il dit et toutes les notions qu’il transmet, même sur les choses qui lui sont le plus étrangères dans son état habituel.
Ce n’est pas nous qui contesterons la puissance du somnambulisme dont nous avons vu les prodiges et étudié toutes les phases pendant plus de trente-cinq ans ; nous convenons qu’en effet beaucoup de manifestations spirites peuvent s’expliquer par ce moyen ; mais une observation soutenue et attentive montre une foule de faits oû l’intervention du médium, autrement que comme instrument passif, est matériellement impossible. A ceux qui partagent cette opinion, nous dirons comme aux autres : ” Voyez et observez, car assurément vous n’avez pas tout vu. ” Nous leur opposerons ensuite deux considérations tirées de leur propre doctrine. D’oû est venue la théorie spirite ? Est-ce un système imaginé par quelques hommes pour expliquer les faits ? Nullement. Qui donc l’a révélée ? Précisément ces mêmes médiums dont vous exaltez la lucidité. Si donc cette lucidité est telle que vous la supposez, pourquoi auraient-ils attribué à des Esprits ce qu’ils auraient puisé en eux-mêmes ? Comment auraient-ils donné ces renseignements si précis, si logiques, si sublimes sur la nature de ces intelligences extra-humaines ? De deux choses l’une, ou ils sont lucides ou ils ne le sont pas : s’ils le sont et si l’on a confiance en leur véracité, on ne saurait sans contradiction admettre qu’ils ne sont pas dans le vrai. En second lieu, si tous les phénomènes avaient leur source dans le médium, ils seraient identiques chez le même individu, et l’on ne verrait pas la même personne tenir un langage disparate ni exprimer tour à tour les choses les plus contradictoires. Ce défaut d’unité dans les manifestations obtenues par le médium prouve la diversité des sources ; si donc on ne peut les trouver toutes dans le médium, il faut bien les chercher hors de lui.
Selon une autre opinion, le médium est bien la source des manifestations, mais au lieu de les puiser en lui-même, ainsi que le prétendent les artisans de la théorie somnambulique, il les puise dans le milieu ambiant. Le médium serait ainsi une sorte de miroir reflétant toutes les idées, toutes les pensées et toutes les connaissances des personnes qui l’entourent ; il ne dirait rien qui ne soit connu au moins de quelques-unes. On ne saurait nier, et c’est même là un principe de la doctrine, l’influence exercée par les assistants sur la nature des manifestations ; mais cette influence est tout autre que celle qu’on suppose exister, et de là à ce que le médium soit l’écho de leurs pensées, il y a fort loin, car des milliers de faits établissent péremptoirement le contraire. C’est donc là une erreur grave qui prouve une fois de plus le danger des conclusions prématurées. Ces personnes ne pouvant nier l’existence d’un phénomène dont la science vulgaire ne peut rendre compte, et ne voulant pas admettre la présence des Esprits, l’expliquent à leur manière. Leur théorie serait spécieuse si elle pouvait embrasser tous les faits, mais il n’en est point ainsi. Lorsqu’on leur démontre jusqu’à l’évidence que certaines communications du médium sont complètement étrangères aux pensées, aux connaissances, aux opinions même de tous les assistants, que ces communications sont souvent spontanées et contredisent toutes les idées préconçues, elles ne sont pas arrêtées pour si peu de chose. Le rayonnement, disent-elles, s’étend bien au-delà du cercle immédiat qui nous entoure ; le médium est le reflet de l’humanité tout entière, de telle sorte que, s’il ne puise pas ses inspirations à côté de lui, il va les chercher au-dehors, dans la ville, dans la contrée, dans tout le globe et même dans les autres sphères.
Je ne pense pas que l’on trouve dans cette théorie une explication plus simple et plus probable que celle du spiritisme, car elle suppose une cause bien autrement merveilleuse. L’idée que des êtres peuplant les espaces, et qui, étant en contact permanent avec nous, nous communiquent leurs pensées, n’a rien qui choque plus la raison que la supposition de ce rayonnement universel venant de tous les points de l’univers se concentrer dans le cerveau d’un individu.
Encore une fois, et c’est là un point capital sur lequel nous ne saurions trop insister, la théorie somnambulique, et celle qu’on pourrait appeler réflective, ont été imaginées par quelques hommes ; ce sont des opinions individuelles créées pour expliquer un fait, tandis que la doctrine des Esprits n’est point de conception humaine ; elle a été dictée par les intelligences mêmes qui se manifestent, alors que nul n’y songeait, que l’opinion générale même la repoussait ; or nous demandons oû les médiums ont été puiser une doctrine qui n’existait dans la pensée de personne sur la terre ; nous demandons en outre par quelle étrange coïncidence des milliers de médiums disséminés sur tous les points du globe, qui ne se sont jamais vus, s’accordent pour dire la même chose. Si le premier médium qui parut en France a subi l’influence d’opinions déjà accréditées en Amérique, par quelle bizarrerie a-t-il été chercher ces idées à 2.000 lieues au-delà des mers, chez un peuple étranger de moeurs et de langage, au lieu de les prendre autour de lui ?
Mais il est une autre circonstance à laquelle on n’a point assez songé. Les premières manifestations, en France comme en Amérique, n’ont eu lieu ni par l’écriture, ni par la parole, mais par les coups frappés concordant avec les lettres de l’alphabet, et formant des mots et des phrases. C’est par ce moyen que les intelligences qui se sont révélées ont déclaré être des Esprits. Si donc on pouvait supposer l’intervention de la pensée des médiums dans les communications verbales ou écrites, il ne saurait en être ainsi des coups frappés dont la signification ne pouvait être connue d’avance.
Nous pourrions citer nombre de faits qui démontrent, dans l’intelligence qui se manifeste, une individualité évidente et une indépendance absolue de volonté. Nous renvoyons donc les dissidents à une observation plus attentive, et s’ils veulent bien étudier sans prévention et ne pas conclure avant d’avoir tout vu, ils reconnaîtront l’impuissance de leur théorie pour rendre raison de tout. Nous nous bornerons à poser les questions suivantes : Pourquoi l’intelligence qui se manifeste, quelle qu’elle soit, refuse-t-elle de répondre à certaines questions sur des sujets parfaitement connus, comme, par exemple, sur le nom ou l’âge de l’interrogateur, sur ce qu’il a dans la main, ce qu’il a fait la veille, son projet du lendemain, etc. ? Si le médium est le miroir de la pensée des assistants, rien ne lui serait plus aisé que de répondre.
Les adversaires rétorquent l’argument en demandant à leur tour pourquoi les Esprits qui doivent tout savoir ne peuvent dire des choses aussi simples, selon l’axiome : Qui peut le plus peut le moins ; d’oû ils concluent que ce ne sont pas des Esprits. Si un ignorant ou un mauvais plaisant, se présentant devant une docte assemblée, demandait, par exemple, pourquoi il fait jour en plein midi, croit-on qu’elle se donnât la peine de répondre sérieusement, et serait-il logique de conclure de son silence, ou des railleries dont elle gratifierait le questionneur, que ses membres ne sont que des ânes ? Or, c’est précisément parce que les Esprits sont supérieurs qu’ils ne répondent pas à des questions oiseuses et ridicules, et ne veulent pas être mis sur la sellette ; c’est pourquoi ils se taisent ou disent de s’occuper de choses plus sérieuses.
Nous demanderons, enfin, pourquoi les Esprits viennent et s’en vont souvent à un moment donné, et pourquoi, ce moment passé, il n’y a ni prières, ni supplications qui puissent les ramener ? Si le médium n’agissait que par l’impulsion mentale des assistants, il est évident que, dans cette circonstance, le concours de toutes les volontés réunies devrait stimuler sa clairvoyance. Si donc il ne cède pas au désir de l’assemblée, corroboré par sa propre volonté, c’est qu’il obéit à une influence étrangère à lui-même et à ceux qui l’entourent, et que cette influence accuse par là son indépendance et son individualité.
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INTRODUCTION A L’ETUDE DE LA DOCTRINE SPIRITE - XV
9.11.2010 von Cleide Ferreira.
Il y a ensuite des gens qui trouvent du danger partout, et à tout ce qu’ils ne connaissent pas ; aussi ne manquent-ils pas de tirer une conséquence défavorable de ce que certaines personnes, en s’adonnant à ces études, ont perdu la raison. Comment des hommes sensés peuvent-ils voir dans ce fait une objection sérieuse ? N’en est-il pas de même de toutes les préoccupations intellectuelles sur un cerveau faible ? Sait-on le nombre des fous et des maniaques produit par les études mathématiques, médicales, musicales, philosophiques et autres ? Faut-il pour cela bannir ces études ? Qu’est-ce que cela prouve ? Par les travaux corporels on s’estropie les bras et les jambes, qui sont les instruments de l’action matérielle ; par les travaux de l’intelligence on s’estropie le cerveau, qui est l’instrument de la pensée. Mais si l’instrument est brisé, l’esprit ne l’est pas pour cela : il est intact ; et lorsqu’il est dégagé de la matière, il n’en jouit pas moins de la plénitude de ses facultés. C’est dans son genre, comme homme, un martyr du travail.
Toutes les grandes préoccupations de l’esprit peuvent occasionner la folie : les sciences, les arts, la religion même fournissent leur contingent. La folie a pour cause première une prédisposition organique du cerveau qui le rend plus ou moins accessible à certaines impressions. Etant donné une prédisposition à la folie, celle-ci prendra le caractère de la préoccupation principale qui devient alors une idée fixe. Cette idée fixe pourra être celle des Esprits chez celui qui s’en est occupé, comme elle pourra être celle de Dieu, des anges, du diable, de la fortune, de la puissance, d’un art, d’une science, de la maternité, d’un système politique social. Il est probable que le fou religieux fût devenu un fou spirite, si le spiritisme eût été sa préoccupation dominante, comme le fou spirite l’eût été sous une autre forme suivant les circonstances. Je dis donc que le spiritisme n’a aucun privilège sous ce rapport ; mais je vais plus loin : je dis que, bien compris, c’est un préservatif contre la folie.
Parmi les causes les plus nombreuses de surexcitation cérébrale, il faut compter les déceptions, les malheurs, les affections contrariées, qui sont en même temps les causes les plus fréquentes de suicide. Or, le vrai spirite voit les choses de ce monde d’un point de vue si élevé ; elles lui paraissent si petites, si mesquines auprès de l’avenir qui l’attend ; la vie est pour lui si courte, si fugitive, que les tribulations ne sont à ses yeux que les incidents désagréables d’un voyage. Ce qui, chez un autre, produirait une violente émotion, l’affecte médiocrement ; il sait d’ailleurs que les chagrins de la vie sont des épreuves qui servent à son avancement s’il les subit sans murmure, parce qu’il sera récompensé selon le courage avec lequel il les aura supportées. Ses convictions lui donnent donc une résignation qui le préserve du désespoir, et par conséquent, d’une cause incessante de folie et de suicide. Il sait, en outre, par le spectacle que lui donnent les communications avec les Esprits, le sort de ceux qui abrègent volontairement leurs jours, et ce tableau est bien fait pour le faire réfléchir ; aussi le nombre de ceux qui ont été arrêtés sur cette pente funeste est-il considérable. C’est là un des résultats du spiritisme. Que les incrédules en rient tant qu’ils voudront ; je leur souhaite les consolations qu’il procure à tous ceux qui se sont donné la peine d’en sonder les mystérieuses profondeurs.
Au nombre des causes de folie, il faut encore placer la frayeur, et celle du diable a dérangé plus d’un cerveau. Sait-on le nombre de victimes que l’on a faites en frappant de faibles imaginations avec ce tableau que l’on s’ingénie à rendre plus effrayant par de hideux détails ? Le diable, dit-on, n’effraye que les petits enfants ; c’est un frein pour les rendre sages ; oui, comme Croque-mitaine et le loup-garou, et quand ils n’en ont plus peur, ils sont pires qu’avant ; et pour ce beau résultat on ne compte pas le nombre des épilepsies causées par l’ébranlement d’un cerveau délicat. La religion serait bien faible si, faute de crainte, sa puissance pouvait être compromise ; heureusement, il n’en est pas ainsi ; elle a d’autres moyens d’agir sur les âmes ; le spiritisme lui en fournit de plus efficaces et de plus sérieux, si elle sait les mettre à profit ; il montre la réalité des choses, et par là neutralise les funestes effets d’une crainte exagérée.
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INTRODUCTION A L’ETUDE DE LA DOCTRINE SPIRITE - XIV
9.11.2010 von Cleide Ferreira.
Nous passerions légèrement sur l’objection de certains sceptiques au sujet des fautes d’orthographe commises par quelques Esprits, si elle ne devait donner lieu à une remarque essentielle. Leur orthographe, il faut le dire, n’est pas toujours irréprochable ; mais il faut être bien à court de raisons pour en faire l’objet d’une critique sérieuse, en disant que, puisque les Esprits savent tout, ils doivent savoir l’orthographe. Nous pourrions leur opposer les nombreux péchés de ce genre commis par plus d’un savant de la terre, ce qui n’ôte rien de leur mérite ; mais il y a dans ce fait une question plus grave. Pour les Esprits, et surtout pour les Esprits supérieurs, l’idée est tout, la forme n’est rien. Dégagés de la matière, leur langage entre eux est rapide comme la pensée, puisque c’est la pensée même qui se communique sans intermédiaire ; ils doivent donc se trouver mal à l’aise quand ils sont obligés, pour se communiquer à nous, de se servir des formes longues et embarrassées du langage humain, et surtout de l’insuffisance et de l’imperfection de ce langage pour rendre toutes les idées ; c’est ce qu’ils disent eux-mêmes ; aussi est-il curieux de voir les moyens qu’ils emploient souvent pour atténuer cet inconvénient. Il en serait ainsi de nous si nous avions à nous exprimer dans une langue plus longue dans ses mots et dans ses tournures, et plus pauvre dans ses expressions que celle dont nous faisons usage. C’est l’embarras qu’éprouve l’homme de génie s’impatientant de la lenteur de sa plume qui est toujours en arrière de sa pensée. On conçoit d’après cela que les Esprits attachent peu d’importance à la puérilité de l’orthographe, lorsqu’il s’agit surtout d’un enseignement grave et sérieux ; n’est-il pas déjà merveilleux d’ailleurs qu’ils s’expriment indifféremment dans toutes les langues et qu’ils les comprennent toutes ? Il ne faut pas en conclure de là pourtant que la correction conventionnelle du langage leur soit inconnue ; ils l’observent quand cela est nécessaire ; c’est ainsi, par exemple, que la poésie dictée par eux défierait souvent la critique du plus méticuleux puriste, et cela malgré l’ignorance du médium.
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INTRODUCTION A L’ETUDE DE LA DOCTRINE SPIRITE - XIII
9.11.2010 von Cleide Ferreira.
Les observations ci-dessus nous conduisent à dire quelques mots d’une autre difficulté, celle de la divergence qui existe dans le langage des Esprits.
Les Esprits étant très différents les uns des autres au point de vue des connaissances et de la moralité, il est évident que la même question peut être résolue dans un sens opposé, selon le rang qu’ils occupent, absolument comme si elle était posée parmi les hommes alternativement à un savant, à un ignorant ou à un mauvais plaisant. Le point essentiel, nous l’avons dit, est de savoir à qui l’on s’adresse.
Mais, ajoute-t-on, comment se fait-il que les Esprits reconnus pour être supérieurs ne soient pas toujours d’accord ? Nous dirons d’abord qu’indépendamment de la cause que nous venons de signaler, il en est d’autres qui peuvent exercer une certaine influence sur la nature des réponses, abstraction faite de la qualité des Esprits ; ceci est un point capital dont l’étude donnera l’explication ; c’est pourquoi nous disons que ces études requièrent une attention soutenue, une observation profonde, et surtout, comme du reste toutes les sciences humaines, de la suite et de la persévérance. Il faut des années pour faire un médiocre médecin, et les trois quarts de la vie pour faire un savant, et l’on voudrait en quelques heures acquérir la science de l’infini ! Qu’on ne s’y trompe donc pas : l’étude du spiritisme est immense ; elle touche à toutes les questions de la métaphysique et de l’ordre social ; c’est tout un monde qui s’ouvre devant nous ; doit-on s’étonner qu’il faille du temps, et beaucoup de temps, pour l’acquérir ?
La contradiction, d’ailleurs, n’est pas toujours aussi réelle qu’elle peut le paraître. Ne voyons-nous pas tous les jours des hommes professant la même science varier dans la définition qu’ils donnent d’une chose, soit qu’ils emploient des termes différents, soit qu’ils l’envisagent sous un autre point de vue, quoique l’idée fondamentale soit toujours la même ? que l’on compte si l’on peut, le nombre des définitions qui ont été données de la grammaire ! Ajoutons encore que la forme de la réponse dépend souvent de la forme de la question. Il y aurait donc de la puérilité à trouver une contradiction là oû il n’y a le plus souvent qu’une différence de mots. Les Esprits supérieurs ne tiennent nullement à la forme ; pour eux, le fond de la pensée est tout.
Prenons pour exemple la définition de l’âme. Ce mot n’ayant pas d’acception fixe, les Esprits peuvent donc, ainsi que nous, différer dans la définition qu’ils en donnent : l’un pourra dire qu’elle est le principe de la vie, un autre l’appeler étincelle animique, un troisième dire qu’elle est interne, un quatrième qu’elle est externe, etc., et tous auront raison à leur point de vue. On pourrait même croire que certains d’entre eux professent des théories matérialistes, et pourtant il n’en est rien. Il en est de même de Dieu ; ce sera : le principe de toutes choses, le Créateur de l’univers, la souveraine intelligence, l’infini, le grand Esprit, etc., etc., et en définitive, ce sera toujours Dieu. Citons enfin la classification des Esprits. Ils forment une suite non interrompue depuis le degré inférieur jusqu’au degré supérieur ; la classification est donc arbitraire, l’un pourra en faire trois classes, un autre cinq, dix ou vingt à volonté, sans être pour cela dans l’erreur ; toutes les sciences humaines nous en offrent l’exemple ; chaque savant a son système ; les systèmes changent, mais la science ne change pas. Qu’on apprenne la botanique par le système de Linné, de Jussieu ou de Tournefort, on n’en saura pas moins la botanique. Cessons donc de donner aux choses de pure convention plus d’importance qu’elles n’en méritent pour nous attacher à ce qui est seul véritablement sérieux, et souvent la réflexion fera découvrir dans ce qui semble le plus disparate une similitude qui avait échappé à une première inspection.
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